Qui es-tu Djadja ?

Avant de savoir si il y a moyen Djadja, ou encore si je suis ta catin Djadja, peut être vaudrait- il mieux savoir qui es-tu Djadja ?

Pour savoir qui se cache sous le double Dja nous avons brainstormé des jours et des nuits avec la plus compétente des équipes de la rédaction. Sous caféine, les hypothèses fusaient. Nous nous sommes d’abord demandés s’il n’était pas un de ces courseurs de beurettes, passé maitre dans l’art du sifflement, dont les fesses inlassablement posées au même endroit ont épousé la forme de leur banc.

En effet, pardonnez-nous pour l’anglicisme, mais Djadja reste aux yeux de tous ceux qui le côtoient : THE BULLSHITEUR.
Mais ne cacherions-nous pas tous au fond de nous, ne serait-ce qu’un peu, le Djadja d’Aya Nakamura ? Comme elle l’annonce elle-même dans un interview du journal télévisée 19/45 « ça pourrait être un mec lambda, ça pourrait être ton pote, ton frère qui raconte des salades sur une de ses copines. Et moi, je suis venue rétablir la vérité, tout simplement. »

Et oui, la chanteuse a des vertus d’altruisme dans chacune de ses œuvres. Souvenons-nous du célèbre « Comportement bah ouais », hymne à la féminité, inspirateur du mouvement MeToo et déstituteur d’Harvey Weinstein.
A quoi ressemble ce bullshiter ? Est-ce un Serge le mytho ou un énième Jawad ? D’après nos sources, il est possible de croiser ce Djadja les samedi soir au Smile à Lille. Habillé d’un marcel Diesel et d’un jean gris à trous. Il est surtout équipé de la célèbre pairedelunetterectangulairetrobadassequeportetoutle93 (tweetez sur ce hashtag). Vous le verrez sur la piste d’argent du dancefloor seulement quand les premières notes des Démons de Minuits résonneront, Djadja préférant le calme du fumoir. Le fumoir, parlons-en, véritable lieu de chasse pour Djadja qui tire là-bas à balle réelle, chopant chaque soir plus de cancers que d‘expériences…

Mais faut-il comprendre et justifier Djadja ? La réponse est définitivement oui, car nous lui ressemblons. Quel homme n’a jamais tenté de se rapprocher d’une fille qui lui a malheureusement répondu par un « y’a pas moyen » ? Face à cette frustration masculine perpétuelle, l’ego et le besoin de reconnaissance prennent le pas sur la vérité. C’est là qu’Aya Nakamura s’inspire de la philosophie kantienne. L’homme passe sa vie à mentir, car le mensonge prend l’ascenseur quand la vérité prend l’escalier. Pour Djaja l’ascenseur et l’escalier étaient bloqués : il traînait en bas des blocs, en attendant la descente d’Aya. Une histoire d’amour banale qui fut validée par plus de 200 millions de cœurs brisés du samedi soir sur YouTube. Cela en valait bien son succès. Et en l’écoutant vous souriez, mais au fond de vous, vous pleurez.

Un célèbre ex-matignard qui a désormais traversé les sommets des Pyrénées confiait au Pépére News que chaque soir devant les sondages de la mairie de Barcelone il pleurait sur la célèbre ligne « je suis pas ta mairie Djadja ». Chanson qui traverse définitivement les frontières mais aussi le clivage gauche-droite : « tu penses à moi, je pense à faire de l’argent. »
Si, Germinal représentait à lui seul la société du 19 ème sous sa forme la plus réaliste, Aya ne serait-elle pas la Zola du 21ème ? Ses paroles sont même citées dans les situations les plus tragiques. Un leader de l’opposition alors (in)soumis à une perquisition hurlait il y a peu aux policiers « putain mais tu déconnes ce n’est pas comme ça qu’on fait les choses ! »

Alors Aya Nakumara, chanteuse féministe d’extrême gauche ou simple syndicaliste passée du tractage aux showcases ?

Peu nous importe, désormais on sait qui est Djadja.

Macha Ogransky , Julien Gouesmat

Tag(s) associé(s):