Red Rising : pourquoi cette dystopie n’est pas comme les autres

Les auteurs de Young Adult, victimes de leur succès, retombent dans leurs travers : copier ce qui marche. Pierce Brown, l’auteur de la saga Red Rising est sorti des sentiers battus pour nous offrir une pépite littéraire, sur la liste du New York Times Bestseller de 2014.

Le genre littéraire en panne ?

La littérature Young Adult est souvent rébarbative, s’appuyant toujours sur les mêmes schémas narratifs. Elle s’adresse principalement aux adolescents et aux jeunes adultes, bien qu’elle attire également un public plus âgé. On devine souvent la trame du roman après quelques pages et on se lasse assez facilement des personnages. C’est pourquoi se lancer dans un roman young adult est un risque : il y a une forte chance pour qu’on ait envie de délaisser le livre très vite. Je me suis donc lancée dans Red Rising à reculons. Je n’avais aucune idée de l’histoire et des critiques, préférant garder intacte mon opinion.

Une dystopie aux airs antiques

Red Rising se déroule sur Mars, 700 ans après que les colons venant de la Terre se sont installés et révoltés contre les Terriens. Ils mettent en place une Société qui prône le progrès technique mais aussi les castes. En effet, la Société est une pyramide hiérarchique. En résumé, les Ors dominent cette pyramide. Ils sont plus féroces, plus brillants et plus forts. En bas de cette pyramide, on retrouve les Rouges, qui sont considérés comme des moins que rien, les plus faibles de l’espèce humaine. Chaque classe est génétiquement modifiée et possède des caractéristiques physiques spécifiques comme la couleur des yeux et des cheveux. Le personnage principal, Darrow, est bien entendu un Rouge travaillant dans les mines. Vous-même direz : qu’est-ce qui change des dystopies habituelles ? Et bien, la ressemblance s’arrête là. Darrow se rend compte que toute son existence est un mensonge, qu’il a passé des années à creuser dans les profondeurs de Mars pour rien. Jamais il ne sortira de sa mine. C’est alors que les Fils d’Arès – l’équivalent grecque de Mars, dieu de la guerre-  le prennent sous leur aile et lui demandent d’infiltrer le monde des Ors. Il devient donc un espion dans l’Institut, l’école qui forme les plus grands de son monde.

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Voici donc la Société, les Ors en haut de la pyramide et les Rouges au plus bas.

Si l’intrigue de base de Red Rising n’a rien d’absolument novateur, si ce n’est le fait que cela se déroule sur Mars, Pierce Brown arrive à nous faire complètement changer d’avis dès les premières pages. Tout son univers est basé sur des références à l’Antiquité. Les Ors sont les Patriciens, ces Romains issus des familles fondatrices, tandis que les autres castes sont les Plébéiens, le peuple. Son héros, Darrow, n’a rien du bon petit personnage brave et déterminé qui s’imagine sauver le monde. Il est malpoli, violent et a un léger faible pour les décapitations. C’est un « héros imparfait », qui n’a pas vraiment d’idées bienfaisantes. Les personnages secondaires sont nombreux, mais ils sont tous dotés d’une personnalité totalement différente, on arrive parfaitement à les imaginer, jusqu’à entendre le ton de leur voix. L’humour, souvent très noir, rajoute du rythme à l’histoire et rend les personnages encore plus attachants.

Une écriture travaillée et complexe

Ce roman n’a rien d’une lecture d’été sur la plage. Il est dur et plutôt difficile à lire. Les ramifications entre les personnages sont complexes, tout comme la Société. L’écriture de Brown est très crue et il nous décrit de nombreuses scènes de mutilations, décapitations et étripages. A la fin du tome 1, vous allez vouloir sauter sur le 2. Et je ne vous dis même pas dans quel état je suis après avoir fini ce dernier. Petit plus : les droits du roman auraient été achetés par Sony Pictures et Universal Pictures pour une adaptation prochaine au cinéma. Lisez-le, pour montrer à tout le monde que le young adult peut innover.

Note de la rédaction : 9/10