François Molins s’en va, par la grande porte

Il est le magistrat le plus célèbre de France, malgré lui. François Molins va quitter son siège de procureur de la République de Paris après sept années marquées par des événements d’une grande tragédie.

Vous connaissez sans aucun doute son visage. Et nous devions tous avoir la même réaction lorsqu’on le voyait apparaître sur notre petit écran. « Ça y est, ça recommence. » Ce visage, c’est celui de François Molins. Cet homme de 65 ans originaire des Pyrénées-Orientales, était le procureur de la République de Paris. Si vous le connaissez, c’est parce que c’est lui qui était en charge des dossiers terroristes de tout l’Hexagone, et c’est donc lui qui donnait les premières informations post-tragédie, lors de conférences de presse où des millions de personnes avaient les yeux rivés sur lui. Les tueries de Merah en 2012, les attentats de Charlie Hebdo en 2015, ceux du 13 novembre 2015 à Paris, le camion fou de la promenade des Anglais à Nice en 2016, ainsi que ceux à Saint-Etienne-du-Rouvray et sur les Champs-Elysées en 2017 : tant de moments où l’on aurait préféré ne pas le voir nous annoncer que notre pays baignait encore une fois dans le sang.

François Molins est un grand Homme. Il a gravi les échelons petit à petit jusqu’à aujourd’hui. Impartial, imperturbable dans son travail, il aura fait taire de nombreuses critiques de politiques, s’attaquant autant aux hommes politiques de gauche avec l’affaire Cahuzac, que de droite avec l’affaire Bygmalion.

Mais s’en était trop pour François Molins. Ces sept années de dur labeur, de sur-médiatisation et de vie privée gâchée par une surveillance policière 24 heures sur 24, auront eu raison de l’homme qui n’aura laissé filtrer aucune émotion lors de tous les événements qu’il a dû gérer. Il le dit lui-même aux journalistes de France 3, la conférence de presse donnée au lendemain des attentats de Paris et de Saint-Denis a été la plus difficile de sa carrière : « On a été confrontés à des choses auxquelles aucun parquet ni procureur en France n’avait été confronté jusque-là. » Il s’en va vers d’autres cieux, rejoindre la Cour de Cassation où il sera nommé procureur général.

François Molins ne restera pas seulement la voix des attentats.  Nous garderons l’image d’un homme droit, apolitique, impassible, qui nous aura fait verser des larmes, mais aussi rassuré, et qui ne nous aura jamais lâché durant les moments les plus durs de ces dernières années.

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