Vous n’avez pas, monsieur Mélenchon, le monopole de la perquisition

L’affaire qui éclabousse le parti des Insoumis et plus particulièrement son chef, Jean-Luc Mélenchon, ne cesse de faire couler de l’encre et vibrer des cordes vocales depuis maintenant une semaine. Mais pourquoi le monde en veut-il tant à notre cher gourou insoumis ? 

Tout ce grand remue-ménage a commencé un beau matin d’octobre, le 16 précisément, où monsieur Mélenchon a été dérangé dans son sommeil sacré par une visite de la police judiciaire à son domicile. S’en sont suivies une série de perquisitions aux domiciles de cadres de la France Insoumise, aux locaux du parti et ceux de Mediascop. Petit retour sur les faits reprochés à Jean-Luc Mélenchon et à son parti …

Soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen

Cette histoire nous dit quelque chose … Mais oui ! Marine Le Pen ? Et ben non, pour une fois on va la laisser tranquille car c’est bien Mr Mélenchon qui est mis en cause. En effet, l’enquête concernant des emplois fictifs qui avait été ouverte en mars 2015 pour le Front National (maintenant Rassemblement National), a été élargie à la France Insoumise en juillet 2017, grâce au signalement de l’euro-députée RN Sophie Montel (ils sont jamais très loin …).

LFI est donc soupçonnée d’avoir nommé des assistants parlementaires, adjoints aux euro-députés (donc payés par la Commission Européenne), destinés à travailler pour le parti. En d’autres termes, LFI ferait travailler des assistants parlementaires à son compte tout en les faisant payer par la Commission.

L’enquête chez les Insoumis est bien moins avancée qu’au Rassemblement National ; il n’y a eu aucune perquisition ni mise en examen dans le cadre de cette affaire.

Une enquête préliminaire ouverte pour « escroquerie et tentative d’escroquerie »

Mais cette affaire d’emplois fictifs n’est réellement qu’une toile de fond. Ce qui fait une grosse, très grosse tache sur le dossier judiciaire de Mr Mélenchon c’est une mise en examen pour une surfacturation suspectée de fraude et tentative de fraude durant la campagne électorale de 2017.

D’abord, faisons un petit rappel de la législation : après chaque campagne électorale, le candidat, s’il parvient à récolter au moins 5% des votes, se voit rembourser 47,5% des frais de campagne. Mais avant d’arriver à cette étape, il faut que les candidats fassent examiner puis valider leurs comptes de campagne par la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financement Politiques (CNCCFP). C’est une fois cette étape achevée que les candidats peuvent espérer percevoir leur remboursement partiel. Mais voilà que la CNCCFP détecte, en analysant les comptes de Jean-Luc Mélenchon, plusieurs irrégularités. Il s’agirait de surfacturations de prestations de l’agence Mediascop, dirigée par Sophia Chikirou et responsable de la communication du candidat pendant la campagne, ainsi que de l’association l’Ere du temps, chargée, entre autres, de la conception de sites internets.

D’après la CNCCFP, Mediascop aurait facturé ses prestations à hauteur de 1,2 millions d’euros, soit 11% du budget total de la campagne. Ce qui dérange, en dehors de cette somme impressionnante, c’est qu’une dizaine de membres de l’équipe de campagne de Mélenchon seraient aussi des salariés de l’agence Mediascop. A cela vient s’ajouter la présumée relation extra-professionnelle entre Sophia Chikirou et Jean-Luc Mélenchon annoncée par le site Mediapart.

L’affaire a donc été transmise au parquet de Paris et une enquête préliminaire a été ouverte pour « escroquerie et tentative d’escroquerie », « abus de confiance », « infraction à la législation sur le financement des campagnes électorales » et « travail dissimulé aggravé ».

L’enquête en cours donnera raison à l’un ou l’autre parti, mais ce qui est sûr c’est que les images d’hystérie et de perte de sang froid entacheront pour longtemps l’image du parti et de son leader.

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