El Clasico orphelin de ses deux stars

Dimanche 28 octobre 2018, un grand jour pour le football espagnol et mondial, un Barça-Real inédit, sans les deux joueurs qui font vivre cette rencontre depuis plus de 10 ans. La blessure de Lionel Messi combinée au départ Cristiano Ronaldo laissent entrevoir une nouvelle ère dans l’histoire des Clasicos.

La rivalité Messi-Ronaldo est considérée en elle-même comme un monument du football de ces dernières années et dépasse les frontières espagnoles. Imaginer une nouvelle saison de Liga sans les deux ovnis du foot actuel était encore inconcevable avant cet été et le départ du portugais pour la Juventus. Sauf que depuis le 13 juillet dernier et le transfert de leur joueur aux 450 buts chez la Vieille Dame, les supporters madrilènes appréhendent la saison actuelle. Une année sans CR7 certes, mais aussi sans Zinedine Zidane qui leur a permis de rafler les 3 dernières Ligue des Champions. Ce qu’on imaginait moins, c’est l’indisponibilité de Leo Messi, blessé au bras lors de la victoire du Barça sur Séville le 20 octobre dernier. L’argentin devrait manquer encore deux semaines aux catalans. Autre grand absent, à ne pas négliger, Iniesta, parti au Japon cet été et qui a si souvent marqué le Clasico de son empreinte.

La Liga, et ses favoris qui déçoivent

Il faut replacer le match dans son contexte : dans le championnat, le Real inquiète en réalisant le pire début de saison en Liga de son histoire avec seulement 4 victoires en 9 matchs et des défaites contre Levante, Alaves, ainsi qu’une gifle 3-0 contre le FC Séville. En parallèle, le Barça est déjà en tête de l’exercice ex-aequo avec son rival catalan de l’Espanyol. Mais sans pour autant être étincelant, une victoire seulement lors des cinq derniers matchs et des performances décevantes pour les blaugranas ternissent le tableau. Autre favori, l’Atletico Madrid réalise un début de saison timide en championnat, cinquième avec déjà 4 matchs nuls.

Et alors ce match ?

Et bien les catalans sont donnés favoris, d’une part car la rencontre aura lieu au Camp Nou, et on sait en France à quel point ce stade peut transcender la rencontre (désolé les parisiens, on remue le couteau dans la plaie). De plus, l’absence de Messi sera comblée par une attaque efficace menée par un Suarez, certes moins bien depuis quelques mois, mais qui sait se montrer tranchant dans les grands matchs. D’autre part, la situation à Madrid, au-delà des résultats sportifs, inquiète. On ne cessera de le répéter mais les départs de Zizou et Ronaldo ont marqué le jeu du Real. Karim Benzema aurait même récemment admis en interview que le système offensif reposait uniquement sur le portugais. Cela peut sonner comme une excuse facile de la part du français, visé par les critiques après une entame de saison catastrophique et cette déclaration reste à vérifier, mais on constate quand même que l’animation tactique et offensive de l’équipe en a pris un coup.

Des enjeux de taille pour le Real

En championnat déjà, les Merengues pointent à 6 places de leurs rivaux, et une défaite cet après-midi les retarderait énormément dans la course au titre. Le groupe lui aussi est en crise et l’image d’un Sergio Ramos, qui passe ses entraînements à râler sur ses coéquipiers, ne laisse rien présumer de bon pour le club. Quand est-ce que le Real sortira de cette période sombre ? Quel sera le joueur qui apportera la lumière à Madrid ? Bale, Modric ou Marcelo peuvent-ils endosser le rôle de leader, ou faut-il faire venir Hazard ou Neymar, toujours dans le viseur de Perez ? De plus, la place de Lopetegui est vivement menacée, l’ex sélectionneur espagnol est sur le point de se faire virer deux fois en quatre mois, beau palmarès pour le coach – si on peut appeler ça un coach. – Son poste tient sur ce match et il n’a pas le droit à l’erreur.

Mais El Clasico reste El Clasico

Déjà parce que la saison est longue et que les deux équipes restent les candidats les plus sérieux face au titre avec l’Atletico. De plus car on pourrait assister à des révélations côté merengues, avec des joueurs comme Isco, Asensio ou encore Vinicius Jr, qu’on connaît très bien mais qui pourraient passer dans une autre dimension à l’image de Lionel Messi et de son triplé lors d’un Clasico, un soir de mars 2007, qui l’a fait entrer dans la légende. Ce match s’annonce palpitant, mais sonnera différemment. Et après tout c’est ça aussi la beauté du football, le changement, le renouvellement, et la transmission entre les générations qui font vivre ce sport.

Rendez-vous donc à 16h15, ce dimanche, sur BeIn Sports pour le moins classique des Clasicos.