Et la Lumière ne fut pas

Il est peut-être temps de rappeler à certains d’entre nous ce qu’est l’HUMANITÉ. Un bien grand mot qui se veut paradoxal, puisqu’il sous-entend que tous les habitants de cette planète appartiennent à une même espèce, l’HOMO ERECTUS, avant même que celui-ci ne se décline sous une multitude d’aspects que nous appelons communément « ethnies ». Je suis donc désolé de vous apprendre que l’équation « différences= êtres humains » est véridique. Malheureusement, quelques têtes brûlées sont intimement convaincues que ce droit de domination sur certaines « ethnies » est TOUJOURS valable. Et parce que les Lumières veulent que nous transmettions notre savoir à ceux dont l’esprit est dépourvu de raison, je me dois d’éclairer ces âmes égarées afin qu’elles se détachent des chaînes qui leurs ont été imposées par une haine aveuglante et infondée.

 

 

Aux origines, le néant. Lorsque Dieu trouva qu’il faisait un peu sombre dans l’Univers, il décida d’appuyer sur l’interrupteur pour éviter de se cogner le petit orteil sur une planète. Néanmoins, la Lumière fût loin de se répandre dans tous les esprits du monde.

Ce problème de conduction se transmit au cours du temps, véhiculant l’idée que les humains blancs, descendaient d’Adam et Eve, et que les êtres « exotiques » dispersés aux quatre coins de la planète, étaient sûrement les enfants d’un autre couple originel ayant abusé des rayons ultras violets. Pour faire face à ces gens de couleurs cachés par milliers dans les villes et les campagnes des cinq continents, les hommes ne trouvèrent pas mieux que de contourner ce que la Bible leur disait. Tous les hommes formaient une grande famille soudée, certes, mais ils ajoutèrent que seuls les blancs appartenaient à celle-ci, et que, par conséquent, ils se devaient de préserver cette lignée.

Cependant, cette petitesse d’esprit est à relativiser, puisque de courageux européens s’en allèrent affronter les tumultes des océans afin de transmettre leur histoire. La vertu de l’Homme n’a donc pas de limite. Et parce que ces mêmes européens eurent la bonté d’éclairer les basanés, ces derniers décidèrent de se donner corps et âme dans la construction d’un Nouveau Monde, où ils vivraient en parfaite communion avec leurs sauveurs. Le commerce triangulaire ne fût, après tout, qu’un accord économique où blancs et noirs trouvèrent leurs comptes à coup de fouets, de pendaisons et travail acharné dans les champs de coton. Le Yin et le Yang s’unirent à ce même moment, mais ce système harmonieux était condamné à disparaître.

 

Alors, les nostalgiques du temps où l’on montrait son amour pour ses domestiques en leur brisant les os décidèrent de se liguer contre ceux qui instaurèrent le chaos entre blancs et noirs. La mode des hommes en robe blanche et des soirées autour d’un feu de camp était lancée. Et elle fit fureur (Fürher ?).

Les deux communautés se rapprochaient plus que jamais grâce aux actions des chevaliers au chapeau pointu, devenus maîtres dans l’art d’éclabousser les murs de sang. La légende raconte qu’ils sont à l’origine de la peinture abstraite. Une première victoire leur fût attribuée dès lors que la ségrégation et l’apartheid furent instaurées. Les rapports intercommunautaires ne valaient pas ceux du XVIIe siècle, mais ils s’en rapprochèrent très fortement. L’amour à coups de matraque n’était pas aussi puissant que celui véhiculé par les fouets des champs, mais il suffisait pour faire perdre la tête à n’importe quel afro.

Mais la vie est loin d’être blanche, et des noirs radicaux se livrèrent à une bataille pour contrer la paix préservée par les anges blancs. Cette radicalité prenait racine dans un sectarisme noir, véhiculé par des individus considérant l’aide apportée par leurs sauveurs comme suffisante, et que la relation avec ces derniers n’avait plus lieu d’être. Et ces terroristes, ces « singes enragés » comme les qualifient certains, mirent à mal la pérennité du système ségrégationniste, à tel point que certains anges tombèrent dans les bas fonds radicalisant de la voix noire, aveuglés par une propagande anti « suprémacisme blanc ».

 

Et pour en finir avec l’ironie de ce court récit, je tiens à préciser que la radicalisation de certains membres de la communauté noire résulte de ces années d’humiliation qu’elle a subies. Ne vous plaignez pas que les héritiers de ce lourd passé décident de faire entendre la voix de leurs descendants dont l’intégrité a été bafouée. Les mots et le devoir de mémoire ne suffisent toujours pas à démocratiser l’idée d’une égalité entre les ethnies humaines. Je n’admettrai jamais l’idée que les « noirs sont mieux traités de nos jours ». Penchez-vous sur vos ordinateurs, et constatez comment les « singes trisomiques », les « sales noirs », « sale négresse » et autres appellations atroces fusent sur les réseaux sociaux. Admirez cette violence banalisée à laquelle nous sommes fatalement habitués. Car lorsque je vois que des humains sont tués dans des émeutes pour leur couleur de peau, et que nos voix ne sont pas assez puissantes pour crier au monde qu’il est temps d’éradiquer cette idéologie racialiste des consciences, je comprends pourquoi ces hommes et ces femmes haineux pullulent.

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