Zoo Project, un street artiste qu’il ne faut pas oublier

Bilal Berreni a toujours dessiné, d’abord sur du papier, plus tard sur les murs, puis enfin sur la vie. C’est quand ses œuvres commencent à déborder sur les rues du XXeme arrondissement de Paris qu’il se choisi le blase de “Zoo Project”. Son style consiste en de gigantesques fresques aux gros traits noirs expressifs creusant une forme blanche. Son art, c’est de réussir à faire passer des messages on ne peut plus directs à travers ses fresques, des messages qui nous concernent tous et qui nous amènent à nous questionner sur notre société et son avenir. C’est avec une certaine poésie qu’il parle de politique et ses œuvres attirent tant le regard qu’il en devient impossible d’ignorer leur portée.

Plusieurs cordes à son arc

Bilal n’a pas arrêté son talent à la rue, il partage aussi son art à travers le cinéma. En 2010, il part 4 mois sur les routes de Sibérie avec le réalisateur Antoine Page au volant d’un vieux camion des années 1970. Mêlant dessin et vidéo, ils racontent leur périple à deux voix, entre road-movie et conte documentaire. De cette aventure naît le film C’est assez bien d’être fou sorti dans quelques salles en 2013 et qui connait un nouveau succès avec sa seconde sortie au cinéma le 28 mars 2018.

Un artiste engagé

Bien que reconnu dans le milieu du street art et de plus en plus demandé par les galeries, Zoo Project décide plutôt de s’en aller en Tunisie lors du Printemps Arabe. Il expose dans les rues de Tunis des cartons des portraits grandeur nature de victimes de la révolution. C’est là, au milieu de la tristesse, de la colère et de l’incompréhension qu’il déclare que pour lui

« Dessiner n’est plus un acte onaniste, nombriliste, mais une action politique, civique, citoyenne, en prise avec le monde ».

Après son passage à Tunis, il décide de se rendre à la frontière orientale de la Tunisie et le camp de Choucha. Il s’y installe et partage pendant un mois la vie des milliers de réfugiés ayant fui la guerre civile libyenne. Il choisit de représenter les martyrs et peint grandeur nature sur du tissu les réfugiés du camp.

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Un grand voyageur

Bilal Berreni n’a de cesse de bouger, évoluant artistiquement au fil de ses voyages et de ses rencontres. Après son voyage en Tunisie, il change complètement de décor et part au nord de la Suède. Il s’installe dans une cabane isolée au milieu de nulle part et y vit en ermite pendant deux mois à -30 °c. Cette expérience, il voulait la raconter sous forme de roman graphique, mais il n’a jamais eu le temps de le finaliser.

En 2012, il part pour la première fois aux Etats-Unis. Il embarque alors clandestinement dans un train de marchandises sans destination particulière, il se laisse porter de ville en ville. Il se fait arrêter pour vagabondage à Cleveland. Il raconte ce voyage particulier dans un petit livre intitulé Cellule #7

Une fin violente

Bilal Berreni est mort en juillet 2013 à l’âge de 23 ans dans la ville de Detroit aux Etats-Unis. Un groupe de jeunes hommes repère l’artiste. Endettés, ils cherchent une victime à dépouiller pour rembourser leurs dettes. L’un d’entre eux tire sur le street artiste français et le tue d’une balle dans la tête. Le petit groupe lui vole ensuite son portefeuille et 300 $ cachés dans ses chaussures.

Depuis sa mort, plusieurs hommages ont été faits à l’artiste particulièrement depuis que sa famille, ses amis et ses collaborateurs, ont décidé de mettre de nouveau son travail en lumière. Ils ont organisés plusieurs évènements au printemps 2018 et vont certainement continuer à perpétuer sa mémoire et son talent à travers d’autres expositions.

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