Le gilet jaune, symbole de l’égoïsme à la française

Le gouvernement, de plus en plus contesté, s’apprête à trembler une nouvelle fois face à une mobilisation non-partisane qui se profile ce samedi 17 novembre dans l’ensemble du pays. François Hollande a eu ses bonnets rouges, Emmanuel Macron aura ses gilets jaunes. Mais ce mouvement est-il réellement légitime ?

Objet de colère à l’origine : le carburant

Ce mouvement des gilets jaunes est donc né d’une colère grandissante d’une partie de la population à l’encontre de la hausse des prix du carburant, dont nous vous parlions dans un précédent article. En un an, le litre du sans-plomb 95 est ainsi passé en moyenne en France de 1,343€ à 1,556€, soit une hausse de 21,3 centimes. Le litre de diesel est quant à lui passé sur la même période de 1,235€ à 1,523€, c’est-à-dire une augmentation de 29 centimes. La goutte d’essence qui a fait déborder le réservoir pour de nombreux français, qui ont commencé à s’indigner sur les réseaux sociaux contre cette énième hausse des prix. Ces derniers ont désigné l’Etat en tant que responsable de cette hausse, à cause de l’augmentation d’une taxe déjà existante sur le carburant, la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). En réalité, cette hausse des taxes n’est par exemple que de 7,6 centimes par litre sur le gazole, contre 29 centimes d’augmentation totale. L’autre facteur, qui est aussi le principal, est la hausse du prix du pétrole, qui indexe directement le coût du carburant pour les automobilistes.

Alors certes cette hausse fait du mal au portefeuille, mais il semblerait que ce ne soit que le début. En effet, le gouvernement a prévu que la TICPE augmente chaque année jusqu’en 2022. De quoi laisser mourir le gilet jaune sur le tableau de bord…

Et sinon, concernant les autres sujets ?

La colère des consommateurs peut sembler légitime, cette hausse des prix impactant directement leur pouvoir d’achat. La mobilisation de ce samedi 17 novembre semble prendre une certaine ampleur, car près de 1.600 opérations de blocage sont programmées à un peu moins d’une semaine de l’événement. Les français vont ainsi, semble-t-il, montrer leur capacité à se mobiliser pour un sujet qui ne regarde que leur petite personne. Cet appel au blocage ne sera pas le symbole de la mobilisation française, mais davantage celui de l’égoïsme à la française, comme si l’image du pays n’en souffrait pas assez.

Où étaient tous ces « bloqueurs » lors de la loi Travail ? Défilaient-ils pour défendre les droits des homosexuels en 2013 ? S’étaient-ils révoltés lors de Nuit Debout ? Ont-ils pris part aux dernières marches pour le climat au lieu de s’inquiéter du prix du carburant qu’ils mettront dans leurs gros 4×4 ? Alors oui, la hausse des prix est difficile a accepter. Mais dans le contexte actuel où nous vivons, tant à l’échelle nationale qu’internationale, n’y a-t-il pas des sujets plus urgents ? Car tandis que l’attention se cristallise sur ce sujet à (quasiment) deux balles, l’environnement, l’enjeu majeur de notre siècle, est lui relégué au second plan par de nombreux français qui râlent car ils ne pourront plus utiliser leur automobile à leur guise.

Réveillez-vous comme vous êtes en train de le faire, sortez dans la rue, manifestez, mais par pitié, faites le pour des causes justes, et COLLECTIVES.

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