Les super-héros pleurent leur créateur

Stanley Martin Lieber, plus connu sous le pseudonyme de Stan Lee, est décédé ce lundi 12 novembre à l’âge de 95 ans. Retour sur ce papa de tous les super héros, créateur de personnages et d’histoires cultes. Retour sur la vie de cet écrivain, fabriquant de rêves.

Le 28 décembre 1922, un petit garçon naît dans une famille d’immigrés juifs roumains. Un petit garçon qui, poussé à l’adolescence par sa passion dévorante de comics, se verra embauché rapidement chez Timely Comics. Il commencera à y corriger des planches et apporter des idées, pour finalement écrire une double page de texte rédigée en 1941 dans Captain America. Tiré du rêve par une réalité bien plus dure, il s’engage dans les services de communication (le Signal Corp) lors de la Seconde guerre mondiale. Il reviendra à la fin du conflit avec une envie débordante d’écrire des histoires et un poste : rédacteur en chef chez Timely.

Proche du surmenage au bout de vingt ans, il pense à démissionner. Mais c’est sans compter sur DC Comics (le concurrent de Timely) et sa Justice League. Le mot est dit, la concurrence est là, ils doivent faire mieux, plus grand, et surtout plus fort. Accompagné par le grand dessinateur Jack Kirby, il écrira à la fin des années 60 la série Les 4 Fantastiques. Le succès, immédiat et colossal, apporté par une approche novatrice pousseront Stan à continuer. Le monde verra donc apparaitre des histoires des personnages super héroïques tels qu’Iron Man, Thor, Spider-Man, les X-Men ou encore Daredevil. Sa réponse à Justice League porte un nom, celui d’Avengers.
La raison de ce succès ? Un traitement différent du personnage habituel de comics. Armé de dessinateurs doué et d’un immense talent pour la narration, il insufflera dans ses personnages une profonde humanité.

Les super-héros ne sont plus que des symboles ou des icones, ils sont maintenant de véritables personnes prises dans un monde parfois dur et cruel. Car oui, si l’univers Marvel est fantastique, il est un miroir de notre société, nous prévenant par exemple des méfaits de l’arme atomique, des tensions de guerres froides et des conséquences des combats. Ses héros ne sont plus parfaits, ils ont des défauts, prennent de mauvaises décisions et ne symbolisent plus le bien combattant vaillamment le mal. Mais ces faiblesses rendent les personnages plus humains et attachants. Ils ont désormais une consistance et une crédibilité. Tout peut arriver avec Stanley.

Les années suivantes il s’occupera de superviser en tant que producteur exécutif ses adaptations de comics. Si les films de piètre qualité peinent à trouver leurs public, les années 2000 changeront la donne pour ravirent les fans et le box-office. Tel Alfred Hitchcock avant lui, nous offrant un caméo (apparition) dans chaque film, Stan continuera de nous faire rêver.

Stan Lee apparaît dans de nombreux films adaptés de ses comics, comme ici dans Iron Man.

Bien des années après l’arrivé de cet adolescent rêveur, Timely Comics est devenue Marvel Comics, Stanley est devenu Stan The Man, une référence pour des milliers de personnes à travers le monde. Un véritable culte de la personnalité s’est répandu à travers le monde autour de ce papi rock’n’roll, faisant rire n’importe quel public lors de la moindre de ses apparition. S’il nous a fait aimer ses personnages, c’est encore plus à l’homme que l’on s’est attaché.

Aujourd’hui, c’est la gorge nouée et les yeux humides que je vous déclare que l’homme s’est éteint. Mais je relierai les comics, regarderai les films et dessins animés de mon enfance une nouvelle fois. Encore et encore. C’est sûr, son héritage continuera de nous faire rêver, fidèle à lui-même, Stan est un super héros indestructible.

Merci Stanley

Louis Rengard

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