Injustice rendue

« Je ne lâcherai rien, ni hier, ni aujourd’hui, ni demain. » déclare Eva Loubrieu, victime présumée de Georges Tron à l’issue du rendu de décision de « justice » d’aujourd’hui.

Les faits

C’est en 2006 que tout commence. Eva Loubrieu, employée à la mairie de Dravel rencontre alors Georges Tron qui l’invite à dîner. Ce dernier se montre très insistant pendant le repas, lui faisant du pied et allant jusqu’à procéder à des attouchements sous les vêtements de cette dernière…

Eva Loubrieu va alors sembler étrange aux yeux du procureur, cette dernière répondant aux messages de Georges Tron sans paraître effrayée par le personnage. La quarantenaire expliquera au procès que celle-ci était poussée à montrer de l’affection au maire en étant forcée par ce dernier à la lui manifester. S’ensuivent alors selon le discours de la jeune femme des relations sexuelles forcées avec le maire et son adjointe, Brigitte Druel. La victime se fera licencier en 2008 suite à des accusations de détournement de fonds qu’elle dit ne pas avoir réfuté par besoin vital de quitter cette mairie. C’est avec le visage d’une femme brisée au penchant suicidaire qu’Eva Loubrieu s’est donc présentée au procès de Georges Tron (ce qui lui aura valu selon une journaliste de France Info présente au procès, de nombreux regards noirs de la part de Dupont-Moretti).

Virginie Ettel, la seconde victime du maire ayant accusé les deux individus de séquestration et de rapport sexuel forcé, ne s’est pas prononcée à la suite du procès mais s’est évanouie lorsque le verdict a été rendu.

Dupont-Moretti, l’avocat du diable bien dans ses bottes

Après s’en être pris à l’Association des violences faites aux femmes (AVTF) clamant « C’est bien que la parole des femmes se libère, mais vous préparez un curieux mode de vie aux générations futures ! » c’est à la presse que l’avocat surnommé Acquitattor s’en est pris lors du procès. Dénonçant la prise de position des médias dans l’affaire, ces derniers furent accusés de propager l’idée aux Français de la culpabilité de son client. La bête noire a aussi déclaré à l’encontre des victimes : « A trente ans, on n’est pas une potiche incapable de dire non à un homme qui vous prend le pied » après les avoir accusées de manipulation envers Georges Tron.

Les propos de l’avocat sont d’une violence rare. Soulignant l’instabilité des deux victimes, ce dernier tend à dire que malgré tout ce qu’elles avancent, le viol ne peut être revendiqué. Les victimes sont donc jugées non-violées, n’ayant pas subi le moindre attouchement, la moindre pression non consentie mais coupables de ne pas avoir pu repousser leur supérieur. Rappelons à la suite de ce procès qu’uniquement une victime sur douze de violence sexuelle s’en remet à la justice? 

L’acquittement de Georges Tron

Georges Tron a finalement été acquitté des faits de viol et d’agression sexuelle, ce jeudi par la cour d’assises de Bobigny. Comme souvent lors des procès pour viol, le manque de preuves nuit au procès… Sans preuve matérielle, difficile de faire condamner un prédateur sexuel. Le procès ayant eu lieu aux assises, ce sont les jurés qui ont rendu cette décision d’acquittement.

C’est alors le début d’un autre combat pour les deux plaignantes qui commence dès aujourd’hui avec l’acquittement de Georges Tron : réussir à prouver l’injustice de la décision prise par les juges. Quant à l’accusé, ce dernier est toujours maire de Draveil et désormais libre de tout poids moral et judiciaire.

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