Le Grand Bain : Une vague de fraîcheur déferle en salle

La comédie française a toujours été un peu bancale dans ce qu’elle a pu produire : films tantôt racistes, parfois homophobes et même sexistes… En France, on aime se moquer des autres, et c’est toujours mieux de rire des minorités que de nous-mêmes. Le Grand Bain, c’est autre chose : on ne rigole pas des personnages mais on rigole avec eux. Et rien que pour ça, le film vaut bien les 8€ dépensés au cinéma.

Le Grand Bain c’est un peu cette équipe de papas qui se lance dans une aventure qui la dépasse, comme nous avons déjà eu l’occasion de le voir dans le film Full Monty ou bien, avec un casting plus mixte, dans Les Profs. La vie de ces derniers, qui n’est pas des plus joyeuses ni des plus exaltantes, les amène à s’entraîner à la natation synchronisée masculine pour faire passer le temps, ce qui consiste plus ou moins à faire de la danse dans l’eau (ou plutôt à couler, dans leur cas). Loin d’être talentueux au début et raillés par leurs proches, les hommes se donnent alors pour projet de participer au concours mondial de la discipline, ce qui n’est certainement pas gagné d’avance…

Société étriquée, film décomplexé.

Le film, tout comme ses personnages, offre une vision très décomplexée tant la société actuelle tient encore à ses nombreuses cases. En effet, observer deux heures durant ces darons de quarante ans pratiquer une activité de « filles » en maillot de bain, ça peut paraître étonnant. Et ça dérange, notamment l’entourage de certains personnages. Nos hommes se ré-approprient pourtant leur masculinité en participant à une activité considérée comme féminine. Par ailleurs, on affiche dans le film des corps qui ne sont pas ceux habituellement montrés à l’écran : des corps vieux, des corps jeunes, des rides, des poils et des bides à bière plus ou moins prononcés. C’est aussi ce qui fait du film ce qu’il est et le message qu’il veut faire passer, le » venez comme vous êtes » qui réussit. Les personnages sont fiers de ce qu’ils font et nous, spectateurs, nous sommes fiers d’eux.

4776006

« On a tous besoin d’une médaille »

Le long-métrage aborde également le thème de la dépression, mais pas de manière dramatique ou exagérée. On apprend au gré des discussions qui suivent les séances d’entraînements les malheurs et la misère de chacun, ce qui nous permet de voir comment cette activité les libère peu à peu de la pression exercée sur eux. Ils se soutiennent. D’ailleurs leur entourage a une grande importance dans la quête de nos hommes. En effet, leur entraîneuse, Delphine, tient à eux et joue un certain rôle dans l’affirmation de nos personnages. Même leur nouvelle coach, qui les insulte d’abord et n’hésite pas à les traîner dans la boue pour les encourager, finira elle aussi par s’attacher à cette bande de bras cassés. La pinte d’or du pépère est pourtant décernée sans hésitation à la femme de Bertrand, interprétée par Marina Foïs, qui n’a pas hésité à remballer sa belle-sœur de manière exceptionnelle (et vous saurez de quoi il est question en ayant vu le film), you go girl.

http_www.bande-a-part.frwp-contentuploads201810magazine-cinema-gilles-lellouche-le-grand-bain-home

Le Grand Bain, dûment applaudi au dernier Festival de Cannes, c’est donc l’histoire de cette bande de mecs un peu paumés qui finissent par se trouver ensemble. En résumé, le film vous invite à passer un bon moment en compagnie d’une équipe de bons potes, alors, emmenez vos amis et comme nos héros : jetez-vous à l’eau.

Léa Lemaire

 

Publicités