Les Bleues au sommet de l’Europe

CHAMPIONNES D’EUROPE ! On ne pourra plus dire que le handball français ne brille que chez les hommes. Cette fois-ci, c’est à l’équipe de France féminine de ramener la coupe à la maison devant un Bercy incroyable pour cette fin de compétition. Les joueuses d’Olivier Krumbholz ont réalisé une finale exceptionnelle face aux russes et se sont imposées 24-21.

Une victoire historique

Il n’y a pas de meilleur mot pour décrire ce titre: HISTORIQUE ! En remportant la victoire lors de ces championnats européens, les Bleues réussissent un doublé jamais vu encore en France (enchaîner sur une victoire en championnat du monde et d’Europe). La France rejoint alors le Danemark et la Norvège au panthéon du handball féminin, seules nations à avoir réussi un doublé dans leur histoire. C’est aussi -et il faut le rappeler- la première fois que l’équipe de France de handball féminine remporte le plat doré pourtant tant convoité dans le passé. C’est ce qui rend cette équipe aussi exceptionnelle.

On espère tous que l’Histoire ne sera pas terminée, en tout cas cela ne semble être que le début pour une génération grandissante qui a su montrer sa supériorité dans la discipline. Qualifiées d’office pour les JO de Tokyo en 2020 grâce à cette victoire, nos françaises vont pouvoir préparer sereinement la compétition afin qu’elle se termine de la même façon que durant les derniers grands championnats internationaux.

Un match maitrisé de long en large

Vassilievitch Trefilov, le coach russe.

C’est à peu près tout ce que vous auriez pu remarquer sur le banc russe pendant la seconde mi-temps et on le comprend. Les russes, bien que tenaces en première période, n’ont pas réussi à suivre la montée de nos joueuses lors de la deuxième partie du match. Les Bleues n’ont d’ailleurs été menées qu’une seule fois pendant le match sans jamais réellement être inquiétées.

Affichant une détermination à toute épreuve, les coéquipières de Sirama Dembélé ont été une muraille difficilement franchissable en seconde période. Et même si les joueuses de Vassilievitch Trefilov (une pinte pour celui qui arrive à prononcer son prénom correctement) perçaient parfois cette défense, elles devaient faire face au dernier rempart français : Amandine Leynaud, royale dans les cages ( 38% d’arrêt ).

Cependant, même si la plupart des coachs vous diront qu’un match de handball se joue en défense, c’est en attaque que les Bleues se sont imposées face au joueuses de l’Est. À travers un jeu collectif exceptionnel, les bleues ont parfaitement su trouver des solutions dans la défense russe et marquer malgré une gardienne russe loin d’être ridicule. Olivier Krumbholz peut sourire en regardant ses joueuses, Bercy et les téléspectateurs ne pouvaient être qu’impressionnés devant les combinaisons quasiment millimétrées présentées par ces dernières.

Le cas Alison Pineau

L’une des plus capées mais aussi l’une des meilleures marqueuses en équipe de France, Alison Pineau, 29 ans seulement, a involontairement marqué la finale de sa patte. En effet, alors que la France menait 15-13, juste après la reprise, le match s’est emballé de plus belle. Sur un jet de 7 mètres, la française est expulsée, la balle ayant frôlée la tempe de la gardienne russe. Décision assez dure des arbitres en voyant les ralentis, même s’il est dans les règles interdit de viser volontairement la tête. Alison sort alors en pleurs du terrain, sous un Bercy en ébullition, rageur même ! C’était l’étincelle qui ranima l’Accord Hotel Arena pour le reste du match. On s’attendait à les voir dépitées par l’exclusion de leur coéquipière, les bleues se sont révélées encore plus menaçantes et efficaces que depuis le début du match. Elle auront au moins offert à Alison une fin de compétition incroyable même si selon ses mots: « Ce moment restera le plus frustrant de ma carrière ». Elle finit tout de même sur une note positive en affirmant qu’elles ont marqué l’histoire et qu’elle compte bien en profiter.

Olivier Krumbholz, un coach d’exception

Une victoire est impossible sans grand entraîneur, et encore moins dans une finale de championnat d’Europe. Olivier Krumbholz a montré qu’il était encore présent sur le banc comme il l’a été durant sa carrière de joueur. En se démenant pendant tout le match, il a su guider ses joueuses, même dans les moments les plus difficiles. On ne peut qu’apprécier l’entrainement et le travail qu’ont dûs accomplir les joueuses pour apprendre toutes ces combinaisons vues en match, marque de fabrique de Krumbholz. On a d’ailleurs rarement pu observer le sélectionneur français autant en extase et aussi souriant pendant un match. Actuellement, il en est à 10 médailles dans ses deux carrières, joueur et entraîneur.

C’est une victoire complètement méritée de nos françaises qui ont su prouver leur statut de favori lors de cette compétition. Ce dernier titre sera le point d’orgue à la réussite du sport français en 2018. On ne peut que dire bravo les bleues et merci pour ces moments !!

par Brian Nicolas et Benjamin Abgrall

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