Jean Lasalle victime des dérives du féminisme à l’Université de Lille

Ce titre accrocheur, contestable nous l’admettons, n’a pour but de jeter de l’huile sur le feu mais plutôt de vous interpeller. Notre réflexion ne se résume pas à ces quelques mots et c’est donc pourquoi nous vous livrons dans cet article notre prise de position au sujet du débat sur la venue de Jean Lasalle au sein de l’Université de Lille. 

 

En ce début d’année 2019 (meilleurs voeux à toutes et à tous d’ailleurs), on peut dire que ça bouge pas mal sur les différents campus de notre chère Université de Lille. Les étudiants semblent d’aplomb pour démarrer un nouveau semestre, plein d’ambition, de détermination et surtout de projets. En ce sens, la branche lilloise de l’association étudiante « Le Campus des Idées » a décidé d’inviter le candidat à la dernière présidentielle Jean Lassalle au sein de la Faculté de Droit de l’Université de Lille. Face à cette annonce, des voix ont commencé à s’élever notamment au sein de l’association étudiante féministe « Olympe se bouge« . La raison ? Jean Lassalle a été accusé par plusieurs femmes de harcèlement et d’agression sexuelles. 

Les faits tels qu’ils ont été rapportés sont graves. Jean Lassalle n’a jamais porté plainte pour diffamation à l’encontre de celles qui l’ont accusé, mais il n’a pas pour autant été condamné pour ces faits. Il a reconnu son côté tactile, parfois, qu’il explique par son origine du sud-ouest, et a présenté plusieurs fois ses excuses – « Mille fois des excuses à celles et ceux que j’ai pu blesser. » « Olympe se bouge » a ainsi lancé une pétition en ligne, appuyée par « SUD-Solidaires étudiant.e.s », afin de faire annuler la venue du député pyrénéen. Les quelque 350 signatures auront eu raison de ce dernier : Jean Lassalle ne viendra pas. Ce qui s’apparente à une victoire semble cacher un échec cuisant pour les libertés en général. Le combat contre le sexisme et la misogynie a en réalité privé un individu de deux libertés essentielles : la liberté d’expression et la présomption d’innocence. 

Avec cet événement, l’Université a perdu une de ses fonctions primordiales : celle de constituer un espace d’échanges et de débats. Elle a très bien su le faire dernièrement, en invitant par exemple des personnalités politiques de tout bord, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, démontrant l’ouverture d’esprit d’une grande majorité des étudiants lillois. Mais ici, il s’agirait plus de faire un pas en avant, et un bond en arrière. Comme le dit si bien Patrick Bruel, qui a le droit de juger quelqu’un d’autre et de décider de le priver de ses libertés ? C’est un peu le comble dans une Faculté de Droit… Le plus dommage, à notre sens, c’est qu’en interdisant à Jean Lassalle de venir s’exprimer devant les étudiants lillois, on lui interdit, et nous nous interdisons également à nous-même de donner une explication des événements qui lui sont reprochés.

Dans une société où le progrès social est une préoccupation essentielle, nous voici donc face à un problème majeur : un individu est réduit au silence au sein de l’Université de Lille. C’est une réalité à laquelle nous devons faire face. L’ouverture d’esprit, l’acceptation du débat et la défense des droits et des opinions sont des valeurs qui doivent triompher au sein de notre vie étudiante, au même titre que les valeurs de féminisme et d’équité que nous défendons tout aussi sincèrement. C’est ainsi que nous revient en tête une phrase encore pleine de sens de Voltaire :

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

 

A noter que ces propos n’engagent que leurs auteurs, Hugo PALACIN et Louison LEROY.

Publicités