Le forum de Davos : c’est quoi?

Depuis mardi dernier, les plus grands dirigeants d’entreprises, politiques et influenceurs se réunissent, vous en avez peut être entendu parler, à Davos en Suisse. Cette sorte de réunion géante se termine aujourd’hui. Le Pépère News vous la définit et vous explique ses enjeux.

Le forum économique mondial, de son vrai nom, est créé en 1971 par l’économiste allemand Klaus Schwab. Ce dernier réunit donc chaque année, sous le financement des entreprises participantes (comme Google, Total ou Sanofi) à ce forum, de nombreux chefs politiques, économique, mais aussi de grands influenceurs et autres journalistes. Leur but : « améliorer l’état du monde via des coopérations entre le secteur public et privé » d’après leur statut numéro 3. Ainsi, les participants abordent pendant plusieurs jours, des thèmes particuliers comme la question environnementale, énergétique ou technologique pour ne citer qu’eux. Ainsi, tous ces grands noms de la gouvernance économique et politique internationale débattent ensemble sous la direction d’un « conseil de la fondation » composé de 23 membres. Cette organisation représenterait un coût d’environ 200 millions d’euros entre l’organisation du forum et la rémunération des employés. La fondation organise également d’autres forums un peu partout dans le monde comme la « Réunion Annuelle des Nouveaux Champions » en Chine, ainsi qu’un forum économique mondial pour chaque région du monde excepté l’Amérique du Nord et l’Europe de l’Ouest.

Cependant, ce forum est très mal perçu à travers le monde. En effet, à première vue, cette réunion semble simplement être un rassemblement de toutes les personnes les plus riches du monde, discutant de problèmes qui ne les touchent pas comme les inégalités de sociales et économiques. Ce forum serait même qualifié comme le reflet d’un « impérialisme économique ». Ainsi, ce forum serait donc créé dans l’unique but de servir les propres intérêts de ceux qui le composent et non pas de la population qu’ils représentent. Cependant, le forum tente de varier ses représentants depuis plusieurs années pour permettre une représentativité la plus exhaustive possible et satisfaire les objectifs de chacun au profit d’un engagement social selon son créateur Klaus Schwab.

Cette année à Davos, la question principalement abordée sera évidemment celle du climat, dont l’urgence se fait éminemment ressentir. En effet, le forum regroupe et rassemble de nombreuses grandes entreprises aux bénéfices impressionnants et en constante hausse mais toujours plus polluants et dangereux pour notre planète. De plus, et on le sait aujourd’hui, les climato-sceptiques se font de plus en plus pressants dans la sphère politique. Après Donald Trump en 2018, c’est Jair Bolsonaro qui a aussi représenté son pays, lui qui a récemment annoncé qu’il refusait d’accueillir la Cop25 cette année. Bien que l’écologie fasse donc partie intégrante du programme à Davos, de nombreuses images et rapports ont démontrés que de nombreux participants arrivaient par jets privés et représentaient donc une empreinte écologique importante (1500 contre 1300 l’an dernier d’après l’AFP). Le forum a aussi abordé d’autres sujets plus économiques comme la croissance mondiale, qui se profile à la baisse et fait donc plonger le moral des investisseurs et des grands patrons, se voulant de moins en moins optimistes. Cette berne du moral serait due à une réglementation de plus en plus importante, une pénurie de talents et la hausse du protectionnisme. Sur le plan politique, il est intéressant de noter l’absence des leaders de grands pays. En effet, Donald Trump est absent à cause du shutdown qui se prolonge aux Etats-Unis, Theresa May dû au Brexit, Emmanuel Macron sans doute à cause des gilets jaunes ainsi que Xi Jinping, le président Chinois. Cette absence des grands représentants Européens et Nord-Américains seraient ainsi le signe d’un déclin progressif face à l’arrivée sur le marché et sur la gouvernance mondiale de l’Asie de l’Est, où par exemple des pays comme l’Inde ou le Japon ont été très bien représentés.

Mais un des points les plus importants, sur la répartition des richesses dans le monde a été remis au goût du jour. En effet, avec le dernier rapport Oxfam démontrant que seulement 26 multimilliardaires disposent de la moitié de la richesse globale, cette question devient de plus en plus centrale et les paroles se libèrent de plus en plus. En effet, comme on peut le voir avec les Gilets Jaunes en France ou le shutdown américain, cette question de la répartition des richesses et des inégalités économiques demeurent centrales. Le forum de Davos tente donc d’y apporter une réponse mais la caste qui participe à ce forum ne semble toujours pas répondre aux attentes de chacun des citoyens représentés.

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