Des bleus prometteurs, déçus mais sur le podium

C’est la fin des championnats du monde de handball. Ceux-ci se sont terminés hier par une victoire écrasante du Danemark emmené par un fabuleux Mikkel Hansen, remportant ainsi pour la première fois de l’histoire cette compétition. Ils ont d’ailleurs éliminé les bleus, champions en titre et favoris du tournoi, avec une facilité étonnant le monde du handball au plus haut point. Nos experts finissent sur une fin de championnat très compliquée que le Pépère News vous explique.

Relever la tête face à la déception

On aurait tous préféré commencer notre week-end autrement qu’en se faisant éliminer par des vikings buveur de vodka. Ce fût peut être l’une des plus grandes surprises de ce tournoi. Bien sûr, le Danemark était l’un des favoris de ce tournoi avec la montagne d’excellents joueurs évoluant dans les plus grands championnats du handball. Pourtant personne ne pouvait s’imaginer une équipe de France aussi impuissante lors des demi-finales du tournoi (38-30). Une chance que les Danois voulaient se reposer pour la finale et n’aient pas cherché à dépasser les 10 buts d’écart signant ainsi une humiliation écrasante du pays nordiste. Ils auront au moins enfin pris leur revanche sur les bleus, pendant très longtemps grand obstacle pour eux sur la route de leur premier titre de champion du monde .

Alors qu’ils ressortent d’une phase de poule plus qu’acceptable avec à leur compteur seulement un nul contre l’Allemagne et une défaite contre la Croatie, les experts ont subi cette fin de tournoi. Cependant, il s’en sortent avec la médaille de bronze, gagnée à la dernière seconde sur un but de notre resplendissant Nikola Karabatic. On peut supposer un excès de stress ou une baisse de concentration et chercher des raisons à cette défaite des Bleus. Il est vrai que l’équipe était très différente et peu expérimentée par rapport aux dernières éditions mais ce fut tout de même un choc pour la plupart des fans de voir leur équipe favorite à ce point réduite à l’impuissance face à un Mikkel Hansen incroyable lors de ce tournoi. 

La fin des poules aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Pourtant on se disait que cette défaite face à la Croatie serait comme un signal d’alarme avant les phases finales du tournoi mais il n’en fût rien. Submergés en tout point face aux guerriers danois menés par leur chef, Hansen – totalisant 12 buts et autant de passes décisives durant cette demi-finale – la victoire des joueurs nordistes fût rapide, efficace et sans inquiétude pour eux. À la fin du match, on pouvait sentir une grande déception chez tous les experts tant chez les plus jeunes que chez les plus vieux.

Une (petite) finale pleine d’émotions pour autant…

Mais il fallait se ressaisir et se préparer pour la petite finale pour au moins repartir avec une médaille de Bronze ! Affrontant une nouvelle fois l’Allemagne, la rencontre entre les deux équipes nous a encore donné des frissons tant le score était serré. On rappelle que pendant les phases de poules, les deux équipes étaient tombées sur une égalité. Il est vrai, battre l’Allemagne à domicile n’est pas chose aisée. Ce fût un match compliqué au départ – 13-9 à la mi temps – mais qui finalement s’est terminé par une dernière partie éblouissante. Un jeu qu’on aime voir à l’écran, marqué par un Luc Abalo des grands soirs et un finish digne des plus grands, posant ainsi la plus grosse clim de l’histoire dans le stade Allemand. S’imaginant déjà gagnant après une interception de leur ailier gauche à 15 sec de la fin, c’est finalement une récupération de Luc Abalo qui offre une dernière occasion salvatrice à notre numéro 13 adoré. Pour ceux qui l’ont raté, il a fallu la VAR – et oui même au hand elle peut faire mal à certaines équipes – pour valider le but de notre Karabatic national, tiré à la dernière seconde. Ce fût alors un torrent de joie qui pouvait se lire sur tous les visages de nos bleus, heureux malgré les larmes d’hier, de finir sur le podium final.

Un avenir prometteur…

 

On ne pouvait pas vraiment parler d’experts sur le terrain. Le niveau était bien là mais l’expérience était peut être l’étincelle qu’il manquait aux bleus pour enflammer le stade d’Hamburg lors des demi. Cependant – et il faut le noter – l’avenir des bleus semble pour le moins prometteur. Arborant de grandes figures du handball comme Remili, Fabregas, Richardsson et bien d’autres, on peut être sûrs que la relève des experts est assurée. Le meilleur buteur des bleus est d’ailleurs Kentin Mahé, la très probable prochaine vedette de l’équipe de France. Ce dernier pourrait même remplacer Karabatic en étant optimiste. Mais il faut être réaliste, Mahé devra encore progresser au niveau de puissance à 9m pour égaler l’ancien meilleur joueur du monde, mais Kentin garde avec lui une vision du jeu incroyable et de l’exemplarité à tous les postes qu’il occupe. Il ne faut pas non plus s’inquiéter, pour ce qui est de la puissance, les jeunes français ne sont pas les plus mauvais que se soit avec Remili et N’guessan au poste d’arrière qui rajoutent toujours plus de physique dans l’équipe en défense et en attaque. Même au poste de pivot où on peut voir systématiquement la tête de Fabregas dépasser dans la défense adverse. Inutile de rajouter qu’il est très difficile de passer ce géant de 2m et 100kg face à nous en défense. Mais on peut déjà dire que les élèves ont dépassé les maîtres, enfin… les experts.

 

Les « vieux », entre surprise et nostalgie

 

On pourra dire ce que l’on veut sur les jeunes mais la génération Karabatic restera toujours la plus grande génération de handball de tous les temps. Considérés comme « les vieux » avec plus de 32 ans – désolé pour nos lecteurs les plus âgés qui prennent un coup de vieux sur cette phrase – ceux l’ancienne génération nous ont encore prouvés leur niveau légendaire durant ces championnats. On ne pourra que citer Abalo et ses sauts venus d’ailleurs qui nous donne toujours l’impression qu’il va s’envoler. Le plus impressionnant reste tout de même Nikola Karabatic normalement blessé pour le mondial à cause d’une opération du pied. Il est rentré dans l’équipe au début de la poule principale, au bout de 2 mois de convalescence alors qu’il était supposé rester inactif pendant 6 mois ! La rapidité de sa récupération d’opération est d’autant plus impressionnante qu’il commence directement titulaire lors du match contre la Russie. Alors que la plupart des gens recommencent l’entraînement tranquillement après une blessure, lui reprend directement avec titularisation lors d’un match de Coupe du monde face à une équipe assez difficile à gérer. On aurait presque l’impression que les 5 fractures qu’il a subi ne représentent rien pour le guerrier français. Pourtant comme dit précédemment, on a pu voir sur le terrain que ce n’est pas ça qui l’arrêterait. Il marque d’ailleurs le but de la victoire contre l’Allemagne en petite finale à 1 sec de la fin du match en signe symbolique.

On sera aussi toujours nostalgique en pensant à nos 2 grandes figures françaises absentes durant ces championnats du monde. Bien que Vincent Gérard reste un des meilleurs gardien du monde, il est évident qu’il n’a pas encore la régularité de la muraille Thierry Omeyer. C’est d’ailleurs ce qui nous a manqué lors de la demi-finale. Les goals n’effectuant que très peu d’arrêt face aux tirs danois. Nous sommes pour autant très mal placés pour les blâmer sans être goal de hand nous-même. Il faudrait déjà être ambitieux face à un Hansen lançant des balles à plus de 100km/h et devoir les arrêter. Mais ce qui restera peut être un soulagement pour les autres équipes reste l’absence de Daniel Narcisse ou « Air France » en raison de sa détente presque aussi impressionnante que son ancien coéquipier Luc Abalo. Pour l’instant, on ne retrouve toujours pas un remplaçant qui ait autant de frappe que cet homme mais on peut être certains que les arrières des bleus pourront atteindre ce niveau à un moment de leur carrière .

Ce n’est pas la grande déception des demi qu’il faudra retenir mais bien la joie immense lors de la petite finale. On pourra toujours donner l’excuse que l’on a perdu contre les champions du monde mais on ne pourra pas se consoler en se disant que l’on avait la possession – salut les belges. Mais c’est se focaliser pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 qui doit maintenant être une priorité. Il faudra se qualifier et garder cette défaite dans un coin de notre tête, elle ne pourra qu’être bénéfique de toutes façons. On pourra toujours garder à l’idée que les danois étaient tout simplement plus forts ce jour-là, mais que nous le serons encore plus la prochaine fois.