Lille, plus chaud que le climat ?

C’est le genre d’après-midi d’hiver que l’on préfère passer dans son canapé devant un bon Netflix avec un chocolat chaud. Et pourtant… Plus déterminé que jamais, ce week-end, le Pépère News a enfilé son manteau pour se rendre aux Marches pour le Climat organisées à Lille dans le cadre du Weekend Action Climat. Après notre reportage photo du samedi, voici notre compte-rendu des évènements de dimanche. 

Pas de nature, pas de futur ?

Prévu dimanche à 14 heures sur Facebook, c’est sur la Grande Place que Lucas Wacrenier de “Villes Propres” a donné rendez-vous aux 800 personnes attendues pour le rassemblement. Se souciant quand même un peu de l’avenir de notre très chère mère à tous, a.k.a Dame Nature, nous avons défilé aux côtés de ces quelques centaines d’inquiets au sujet de la “catastrophe climatique”. Si à 14h30, la marche n’avait toujours pas commencé, c’était pour attendre la fin de la mise en place des dispositifs de la Police Nationale.

C’est donc Lucas, étudiant en architecture, à l’origine de l’appel à la mobilisation sur Facebook, qui a mis fin à l’attente et a pris la parole devant les 200 personnes déjà présentes sur place, sans manquer de saluer également la présence des forces de l’ordre. 

lucas wacrenier
Discours de Lucas Wacrenier, 27 janvier 2019, Grand Place à Lille.

Enfants, jeunes, adultes, Lillois ou Lensois, la question du climat a rassemblé pas moins de 1000 personnes samedi contre 300 ce dimanche. Le devenir de notre Terre a quand même semblé interpeller beaucoup d’esprits… même chez les plus jeunes.

C’est le cas d’un autre Lucas, 12 ans, qui a fait le déplacement depuis Lens avec son papa. Avec ses mots, il nous explique être venu pour lutter « contre la pollution » et mieux appréhender ce fameux « réchauffement climatique. »

Une urgence écologique au présent

Plus loin nous rencontrons Julie. Présente aux deux manifestations, elle nous confie : « Honnêtement je crois que la marche ne va rien changer malheureusement. Moi j’ai fait les deux mais je pense qu’on n’est pas beaucoup dans ce cas… Ça doit passer par le vote même si pour le coup c’est un peu difficile aujourd’hui. Au début de la manifestation, il y a eu un discours avec un certain nombre de cas évoqués au futur comme les effets sur les populations, etc. Pour moi cette urgence, elle est au présent. Je ne sais pas s’il est trop tard, c’est LA grande question. Il y aura toujours des gens qui s’en sortiront (rires). Ça dépend aussi ce qu’on appelle “trop tard”. L’humanité ne va pas s’éteindre mais il faut se réveiller. Trouver les personnes qui puissent relayer ces questions, notamment au niveau du vote. Je n’avais pas grande confiance en Hulot, pour moi c’est de l’écologie médiatique, mais le fait est qu’il a dit : je pars car je ne peux pas faire mon travail”.  Pour moi il y a de l’affichage mais pas de volonté. Ce sont les intérêts économiques à court terme qui priment. L’autre moyen d’action, et je suis pas exemplaire à ce niveau là, c’est d’arrêter de consommer trop, revenir au maximum sur des circuits courts, privilégier autre chose que les grosses multinationales qui par ailleurs ne payent pas leurs impôts, prendre le temps de faire sa cuisine au lieu d’acheter des produits déjà transformés. Ce sont ces petits gestes mais aussi des actes à grande échelle, sur un certain nombre de sujets qui sont nécessaires. Il faut des gestes à tous les niveaux« .

La marche n’a pas duré longtemps, mais pour le peu que l’on a accompagné le cortège dans Lille, la bonne humeur était aussi de sortie malgré le temps grisâtre. On a notamment pu voir les talents de certains. Entre slogans insolites, pancartes originales ou même force d’orateur ; tous ont décidé de faire de cette urgence climatique une lutte entière.

Credit photo : Matthias Colboc

Pour ce qui est du nombre des manifestants, beaucoup plus faible qu’espéré, Lucas, le président à la tête de cette marche de dimanche, a une explication : « C’est vrai que c’est un peu l’inconvénient des événements Facebook. On ne sait pas vraiment le nombre de personnes qui vont venir. Même par rapport à la préfecture et la police c’est gênant car on nous demande un nombre précis et on ne peut pas trop savoir. On avait annoncé le chiffre de Facebook soit environ 800 personnes. La météo et d’autres choses ont fait que voilà… ça a été un peu compliqué…« 

Si Lucas était très optimiste quant aux futures mobilisations de cette année, c’est aussi grâce à la présence de nombreux jeunes militants qui veulent eux aussi changer le monde. Pour certains, les grèves lycéennes à Bruxelles contre le réchauffement climatique pourraient être un très bon moyen également pour faire entendre la voix de ce combat, qui jusqu’ici, selon eux, n’est pas suffisamment au cœur du débat politique.

Avec Martin Hortin.

Retrouvez ci-dessous notre reportage photo sur le week-end d’action climatique Lillois :

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