Grand Débat : l’intelligence artificielle au service du gouvernement

Il reste encore un mois avant la fin du Grand Débat et déjà plus d’un million de contributions, dix mille cahiers de doléances et cinq cents mille courriers électroniques ont été récupérés par le gouvernement. 

Le Grand Débat National lancé le 15 janvier 2019 interpelle : comment une telle quantité d’informations pourra être remontée et traitée par le gouvernement ? À un mois du début du Débat, le nombre de contributions est d’ores et déjà exorbitant et tout simplement inhumain. C’est pour cela que le gouvernement a annoncé l’arrivée de l’intelligence artificielle dans son administration pour l’aider à gérer tous ces dossiers.

Une aide humaine indispensable

L’intelligence artificielle – que l’on nomme plus couramment IA – aura plusieurs tâches à effectuer : elle devra dans un premier temps gérer tous les questionnaires en ligne remplis par la population pour en faire un tableau de pourcentage, chose assez simple pour un robot. Là où les choses se gâtent, c’est lorsque l’IA devra numériser tous les cahiers de doléances. Une intelligence artificielle peut reconnaître une écriture manuscrite pour la retranscrire et la traiter ensuite. Cependant, l’algorithme y arrive lorsqu’il a appris à connaître l’écriture, or celle d’un cahier de doléances change presque à chaque ligne. Les chances d’erreurs de la machine étant plutôt grandes, une intervention humaine systématique sera nécessaire.

Intelligence artificielle oblige, la machine peut reconnaître les mots mais ne les comprend pas. Il faudra alors l’intervention d’un algorithme dit de lexicométrie, dont l’IA serait dotée, pour pouvoir trier les sujets. Elle pourra reconnaître des mots – justice, sociale, RIC… – les mettre en relations et classer les contributions en fonction des mots trouvés. Mais il n’est pas rare que le contributeur n’utilise pas ces derniers, en utilise d’autres ou ait même mis d’autres mots reconnus par la machine qui classera mal la contribution. Il faudra alors une double vérification pour déterminer si l’algorithme a bien fait son travail.

Cette intelligence artificielle vaut-elle le coup ?

Oui. Même si elle nécessite une aide humaine et a un pourcentage de possibilités d’erreurs conséquent, la liste de contributions est trop longue pour qu’une administration exclusivement humaine puisse la trier. Il reste encore un mois : des centres de proximité dans les gares et les postes ont ouvert un peu partout en France et le gouvernement tente de séduire les jeunes sur leur terrain. Il n’est pas impossible que le nombre de contributions soit au moins égale à celui de la première moitié du Grand Débat.

 

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