Boeing réagit enfin !

Mercredi 27 mars 2019, le constructeur américain a organisé une conférence lors de laquelle les responsables ont présenté les mises à jour et nouveautés autour du « Maneuvering Characteristics Augmentation System » (MCAS) mis en cause dans le crash de l’Ethiopian Airlines le 10 mars et celui de Lion Air le 29 octobre dernier.

Quels sont les changements ?

Tout d’abord, il faut bien comprendre que ce système « MCAS », que le pilote ne contrôle pas, sert à ajuster la hauteur de la tête de l’avion pour compenser le poids des moteurs qui pèsent sur l’arrière. Il s’appuie sur les données d’une sonde qui envoie l’altitude de la queue au cockpit qui décide d’enclencher ce système ou non. Quand le système est activé, il exerce une pression de 10 secondes sur l’avant de l’appareil et le remet à l’horizontale. Sauf que dans les deux crashs, le système n’a pas fonctionné correctement et a trop longtemps voulu faire redescendre le niveau de la tête. Par conséquent, les avions sont partis à pic vers le sol et se sont écrasés. Au total, ce dysfonctionnement a coûté la vie à 346 personnes.

Le Boeing 737 MAX

La mise à jour comprend l’installation d’une deuxième sonde sur le Boeing pour comparer les données de la première sonde et empêcher l’avion de plonger en piqué. Il y a aussi l’installation d’un voyant d’alarme, que tous les pilotes ont demandé pour être informés de l’enclenchement du système. L’une des deux mesures les plus importantes. Le système ne peut être activé qu’une seule fois et après ça, le pilote peut reprendre le contrôle et corriger sa trajectoire. C’était impossible jusqu’ici. Là était tout le problème puisque le pilote ne pouvait pas réagir et ne voyait que la catastrophe se produire. La deuxième mesure très importante pour les pilotes c’est qu’ils auront désormais une formation de plusieurs heures sur ce système pour savoir comment corriger leur trajectoire et comment réagir quand le MCAS est activé. Avant ces crashs, les pilotes n’avaient qu’une lettre d’information à propos du système de manœuvre !

La route est encore longue pour le constructeur

Maintenant, le constructeur doit convaincre les autorités de remettre ses avions en service, mais ce sera certainement très compliqué car ces dernières attendent plus de la firme américaine. Par exemple avec l’ajout d’une troisième sonde comme c’est le cas sur les Airbus. Cet épisode coûtera aussi beaucoup d’argent à Boeing, parce qu’elle devra, d’une part payer des indemnités à certaines compagnies qui doivent faire face à un manque à gagner en ne pouvant plus utiliser les Boeing 737 MAX, les appareils étant forcés de rester au sol tant que le problème n’est pas résolu. Elle devra d’une autre part assumer des commandes moindres. En effet, les compagnies aériennes ne font, à présent, plus confiance à cet avion.

Malgré la mise à jour et les nouveaux éléments, Boeing doit regagner la confiance de ses clients et des futurs passagers. Il n’a pas encore fini d’encaisser les critiques et les enquêtes judiciaires qui sont d’ores et déjà en cours. Alors, quand est-ce que Boeing redécollera ?