Bruce Springsteen nous emmène au Far West

Le célèbre chanteur a sorti un nouvel album le 14 juin. Avec Western Stars, le boss nous fait voyager dans l’Ouest américain en nous faisant part de sa nostalgie.

La première note de l’album, avec le morceau Hitch Hikin’, nous fait immédiatement comprendre que Bruce Springsteen a changé de cap musical pour son dix-neuvième album studio. Western Stars est un disque qui va surprendre ses fans. On ne retrouve plus le timbre rocailleux qui a, en partie, forgé le succès du rockeur. Cette fois, le boss a préféré composer un album acoustique.

Il a choisi d’être accompagné par un orchestre composé de nombreux violons et cuivres pour réciter des textes touchants, comme dans Hello Sunshine. La guitare électrique, qui est pourtant son emblème, a quasiment disparu de l’album. Ses solos mythiques sont remplacés par quelques envolées lyriques (There Goes My Miracle) et par une profondeur musicale (Stones). Le rocker s’est entièrement éclipsé au profit du songwriter.

En se mêlant, les influences de la « pop du sud de la Californie des années 70 », de la musique folk et de la country forment des ballades de cow-boy. C’est donc un retour aux sources que nous propose le chanteur américain. Tout au long de l’écoute du disque, on imagine le désert californien, une veillée au coin du feu, des amis, un banjo (Moonlight Motel ou Somewhere North of Nashville).
Ce choix audacieux a divisé les critiques musicales, bien que la presse spécialisée salue majoritairement ce disque aux sonorités inhabituelles et inattendues. Aux États-Unis, l’album est même acclamé par plusieurs médias.

Musique et… cinéma ?

Les orchestrations imposantes de violons, comme dans Sundown ou Chasin’ Wild Horses, font penser à des arrangements écrits pour le cinéma. Bruce Springsteen ouvrerait-il la porte à de futures commandes de réalisateurs hollywoodiens ? Il montre en tout cas qu’il a les capacités d’élargir une carrière musicale déjà immense.

Le chanteur américain, qui fêtera ses 70 ans en septembre, prouve qu’il est toujours un grand portraitiste depuis son tube The River en 1980. Il chante aujourd’hui l’histoire d’un cascadeur lassé (Drive Fast – The Stuntman) et d’un acteur de séries B noyé dans l’alcool (Western Stars). D’ailleurs, ces personnages abîmés peuvent rappeler l’axe du prochain film de Quentin Tarantino : Once Upon A Time… In Hollywood.

« Les vieux clichés » du western (selon les paroles de The Wayfarer) sont évoqués : la couverture est un mustang noir photographié sur un fond désertique, les thèmes abordés sont notamment le voyage et l’amour, le chanteur décrit des cafés dansants (Sleepy Joe’s Café), le train (Tucson Train), des chevaux (Chasin’ Wild Horses). Ces éléments font penser aux western spaghetti rendus cultes par Clint Eastwood. Bruce Springsteen semble ainsi se placer comme l’un des derniers cow-boys d’une Amérique bouleversée.

Avec cet album, Bruce Springsteen apparaît comme un « poor lomesome cow-boy » qui cherche sa place dans un paysage musical profondément transformé depuis ses débuts.

Publicités