Sarkozy, Bertrand, Pécresse… qui veut sauver la droite ?

L’ancien chef de l’Etat et ténor du parti Les Républicains semble profiter du naufrage de la droite aux Européennes. De plus, il figurait en tête du palmarès des personnalités suscitant le plus d’adhésion, selon le baromètre politique mensuel Odoxa-Presse régionale publié en avril dernier, aux côtés de Ségolène Royal. Pourtant, on se souvient du désamour entamé, déjà, lors de la présidentielle de 2012, ensuite aux primaires de la droite avant 2017.

En déplacement à Belfort le 14 juin dernier, l’ancien président rendait hommage à Simone Veil. Il en a profité pour prendre un petit bain de foule et tester l’opinion. À l’heure où l’on se demande si Les Républicains vont pouvoir survivre, certains voient en Nicolas Sarkozy l’image du sauveur, du super-héros de la droite. Lorsque la question lui est posée, il ne dit pas tout à fait non. Même si pour lui, redevenir président du parti, est « hors de question. »

Sarkozy vers les prochaines présidentielles ?

Tout est envisageable, après tout. Mais le bilan de la présidence de 2007 à 2012 demeure en demi-teinte. Il suffit de se rapporter aux premières phrases d’une chronique de Françoise Fressoz dans le journal Le Monde publiée le 6 septembre 2016 pour comprendre : « il y a des chiffres qui, outre ceux de la dette publique, le poursuivent et se rappellent à lui à chaque étape de son retour. Cela dure depuis 2013 et cela ressemble à un lent supplice car plus l’intéressé nie, plus l’addition grimpe. » En effet, la dette publique n’a jamais autant augmenté que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Selon l’Insee ou Eurostat, organismes de références : fin 2007, alors que Sarkozy est à l’Elysée depuis six mois, la dette publique française est de 1.253 milliards d’euros. Fin 2012, à la clôture du dernier budget voté sous Nicolas Sarkozy, la dette est de 1.869 milliards d’euros.

À ce bilan économique s’ajoutent les soupçons de financement illégal de sa campagne présidentielle, mais aussi l’affaire Bygmalion et des écoutes téléphoniques pour laquelle l’ancien président sera d’ailleurs jugé. Tant d’affaires desquelles Nicolas Sarkozy veut se débarrasser, non sans embûches. La course à la présidentielle attendra, fait savoir son entourage.

D’autres « sauveurs »

Car Nicolas Sarkozy n’est pas le seul à pouvoir prétendre sauver la droite, s’il le voulait. « Pourquoi serait-il infréquentable parce qu’il est soupçonné ? » défendait Jean Leonetti, vice-président du parti, sur Europe 1 ce jeudi. Mais d’autres personnalités ne cachent plus leurs intentions après la démission du choix discutable Laurent Wauquiez. Le champ est libre pour Christian Jacob, par exemple, président du groupe LR à l’Assemblée nationale et figure plutôt consensuelle à droite. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France semble également intéressée. D’autres voudraient le retour de Xavier Bertrand, l’actuel président de la région Hauts-de-France ; adepte des coups de gueules et jugé loyal, il avait fait savoir à l’époque son désaccord avec les choix stratégiques du parti Les Républicains.

Pour l’heure, Gérard Larcher entame ce vendredi 21 juin son « tour de France des régions » dont l’objectif est de « sauver la droite. » Le président du Sénat avait annoncé cette initiative au lendemain de la défaite aux Européennes et de la démission de Laurent Wauquiez. Aujourd’hui, il courtise Xavier Bertrand et écarte Nicolas Sarkozy s’en tenant à sa répulsion.

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